SONIA, mannequin en vogue dans les années 30
Sonia Colmer a été l'un des mannequins les plus en vogue dans les années 30. De taille normale (1m 65) elle a su porter et présenter avec élégance les modèles de la célèbre maison de couture Madeleine Vionnet, mais elle a surtout su se prêter aux objectifs des monstres de la photographie, comme Man Ray, Horst ou Hoyningen-Hulne, qui non seulement ont su mettre en valeur les modèles de robes qu'elle portait mais ont su révéler en elle sa grâce et son intemporalité.
Elle est née à Paris en janvier 1909 et est morte dans cette même ville en juillet 1990. Elle devait naître et mourir dans la capitale de la Haute Couture mais rien au départ ne pouvait annoncer pareille chose.
Son père en réalité était anglais et sa mère gréco-russe. Les deux vivaient en Crimée, à Sébastopol, quand ils se sont mariés. Ils sont venus en Europe car son père voulait que l'enfant, c'est à dire, Sonia, naisse à Londres. En réalité, elle est née "en chemin", à Paris. Cette ville lui était prédestinée.
A la Révolution russe en 1919, la petite famille a quitté la Russie et est allée vivre en Italie (à Venise plus particulièrement) pendant une dizaine d'années puis à Paris à partir de 1929.
Féminine et gracieuse, ses 20 ans lui ont permis d'être retenue par la Maison de couture Madeleine Vionnet comme mannequin. Très vite elle a été choisie pour porter des robes du soir, ce qui lui conférait beauté et magie.
Dans les dictionnaires de la mode, il est dit d'elle qu'elle était d'origine russe. Cela, il est vrai correspondait à un phénomène de mode car beaucoup de jeunes filles russes, une fois arrivées en France après la révolution ont trouvé un emploi en tant que mannequinn mais Sonia, elle, a fait carrière et s'est même fait un nom.
Désormais à chaque fois qu'un modèle de Madeleine Vionnet porté par elle est présenté en photo, son nom est bien mentionné dans la légende.
Tant qu'elle était mannequin, elle se disait qu'elle aimerait bien avoir une maison de couture. Et bien, ce rêve, elle l'a réalisé pendant les années de guerre, en épousant le Couturier Charles Montaigne, qui du reste avait travaillé comme elle, chez Madeleine Vionnet, en tant que modéliste-chef d'atelier. Mais il a fallu une bonne dizaine d'années avant qu'ils ne se lient car jusqu'alors, ils n'avaient fait que se croiser dans le superbe escalier de marbre et en fer forgé de la Maison Vionnet. Il lui disait "Bonjour Princesse" et elle répondait par un sourire...